133 Page 137 Les mille et un fantomes J'ouvris ma fenêtre, elle donnait sur un précipice, Je compris que Grégoriska avait fait decette chambre un choix réfléchi. Enfin, en revenant à mon sofa, je trouvai sur une table placée à mon chevet un petit billet plié. Je l'ouvris, et je lus enpolonais . «Dormez tranquille, vous n'aurez rien à craindre tant que vous demeurerez dans l'intérieur du château.» «GRÉGORISKA.» Je suivis le conseil qui m'était donné, et, la fatigue l'emportant sur mes préoccupations, je me couchai, et je m'endormis. XIII LE CHÂTEAU DE BRANKOVAN. lacoste pas cher homme, 134 Page 138 XIV LESDEUX FRÈRES. A dater de ce moment, je fus établie au château, et, à dater de ce moment, commença le drame que je vais vous raconter. Les deux frèresdevinrent amoureux de moi, chacun avec les nuances de son caractère, Kostaki, dès le lendemain, me dit qu'il m'aimait, déclara que je serais à lui et non àun autre, et qu'il me tuerait plutôt que de me laisser appartenir à qui que ce fût. Grégoriska ne dit rien . mais il m'entoura de soins et d'attentions.Toutes les ressources d'une éducation brillante, tous les souvenirs d'une jeunesse passée dans les plus nobles cours de l'Europe, furent employés pour meplaire, Hélas , ce n'était pas difficile, au premier son de sa voix, j'avais senti que cette voix caressait mon âme, au premier regard de ses yeux, j'avaissenti que ce regard pénétrait jusqu'à mon coeur. Au bout de trois mois, Kostaki m'avait cent fois répété qu'il m'aimait, et je le haïssais . soldes lacoste au bout detrois mois, Grégoriska ne m'avait pas encore dit un seul mot d'amour, et je sentais que, lorsqu'il l'exigerait, je serais toute à lui. Kostaki avait renoncéà ses courses. Il ne quittait plus le château. Il avait momentanément abdiqué en faveur d'une espèce de lieutenant, qui, de temps en temps, venait luidemander ses ordres, et disparaissait. Smérande aussi m'aimait d'une amitié passionnée, dont l'expression me faisait peur. Elle protégeait visiblementKostaki, et semblait être plus jalouse de moi qu'il ne l'était luimême, Seulement, comme elle n'entendait ni le polonais ni le français, et que moi jen'entendais pas le moldave, elle ne pouvait faire près de moi des instances bien pressantes en faveur de son fils . mais elle avait appris à dire enfrançais trois mots, qu'elle me répétait chaque fois que ses lèvres se posaient sur mon front .